Présentation

Le Cabanon Vertical est un collectif pluridisciplinaire qui conjugue les arts appliqués et les arts visuels.
Il questionne la place de l’individu dans l’espace urbain, ses usages et sa liberté d’agir. Olivier Bedu
et sa plateforme d’action collective y envisagent l’architecture comme un territoire expérimental, dont les formes s’ouvrent aux usages et à l’appropriation d’un lieu. L’auto-construction y est un point de départ pour une approche poétique et active de l’espace. L’appropriation de l’espace public par l’invention d’une sculpture-lieu1 en est aujourd’hui la principale visée esthétique. 

 

1. L’expression est issue de l’ouvrage de la philosophe Joëlle Zask, Outdoor Art, la sculpture et ses lieux, coll. Les empêcheurs de penser en rond, ed. La découverte, Paris, 2011

POÉTIQUE DE L’ESPACE ET SCULPTURE-LIEU

Les premiers projets du Cabanon Vertical traitaient, par une évocation poétique, la question de l’appropriation par les habitants de leur cadre de vie : les cabanes greffées à des bâtiments et autres architectures minimales illustraient ces recherches. Ces objets se donnaient à voir sans êtres utilisables ou praticables. Les contraintes réglementaires qui s’appliquent au bâtiment et les statuts de la propriété ne permettaient pas de réduire la distance entre l’objet que nous construisions et le visiteur. La relation à l’espace était celle d’une projection imaginaire.

La construction vernaculaire existe aussi dans les villes. Si le cabanon n’était pas réservé
à l’usage privé, mais trouvait sa place dans l’espace public, que deviendrait-il ? Comment la poétique du cabanon s’applique à l’espace public pour créer un lieu ?

L’aménagement urbain est devenu l’extension de cette expérimentation. Questionner la place de l’individu dans l’espace urbain à partir de ces usages, permet la construction d’un lieu ouvert et commun, un lieu, ouvert à l’expérience individuelle et collective. La conception des projets passe par l’observation d’un contexte et la participation des usagers. Les usages et les désirs d’un lieu, l’observation du contexte, sont le point de départ de cette mise en œuvre d’un espace potentiel. La convivialité en structure l’architecture, à partir des manières dont les habitants inventent déjà, ou projettent, leur espace quotidien.

De la micro-architecture à la sculpture, le collectif propose des constructions et des aménagements dont les potentialités esthétiques sont ouverts à l’expérience. Expérimenter un lieu est un des champs possible de l’art, une « manière de faire des mondes »1. Issue de la rencontre avec un ou des objets, un espace et des usages, la sculpture fait le lieu. Olivier Bedu orchestre ces projets où se structurent ensemble des questions d’art et d’architecture. Sa poétique de l’espace emprunte à la fois aux constructions vernaculaires et aux usages des habitants, sa capacité d’adaptation au lieu. L’hybridité des fonctions que créent ces aménagements et l’horizontalité des formes, sont au service de la construction d’un espace collectif, ouvert à l’imaginaire comme à l’expérimentation de chacun.

1. Nelson Goodman, Manières de faire des mondes, ed. Gallimard, Paris, 2006.